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Espace perso de PatrickCe qui est fait n'est plus à faire. |
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October 20 SéparésSéparés
Un immeuble qui s'effondre, Une valeur que l'on perd, Un avenir tellement sombre, Un manque évident de lumière.
Quelques mots comme un orage, Et déjà, souffrir une absence, Faut-il rougir ou être sage? Doit-on bien faire ce que l'on pense?
Un vieux livre qui se ferme, Sans que ces pages soient toutes lues, Un résumé mais pas un terme, Une histoire comme on n’en fait plus.
L'épée est finalement tombée, L’image du mot « séparés », Brisant une vie, au moins une, Trop tard pour décrocher la lune.
Elle manque même quand elle est là, L’écrire, le dire, ne suffira, Elle va vers d'autres horizons, A-t-elle tort ? A-t-elle raison ? Ses nouvellesSes nouvelles
Des matinées, puis des journées, À attendre de ses nouvelles, Si bien que je me suis lassé Des changements du bleu du ciel.
Tant de promesses qu'elle a faites, Tant de douleurs et de mensonges, Ses menaces, il faut que j'accepte, Je vois à peine ce qui la ronge.
Et elle embrasse une autre vie, Une autre vie si négative, La vie d'un homme, en apparence, Mais qui n'est que mal et souffrance.
Avant qu'elle ne connaisse cet être, Qu’elle ne s'enfonce dans un abîme, Elle voulait bien laisser paraître, Ses passions, même les plus intimes.
Avant qu'elle ne croise cet homme, Elle était pieuse, elle était bonne, Depuis, elle ne pense qu'à mourir, Sa vie est devenue soupir.
Et elle ne pense qu'à détruire Les années qu'on a dû construire. Malgré tout, je ne lui en veux pas, Elle n'est plus maître de ses voies.
Avant lui, elle était si belle, Une de ces femmes qu’on n’oublie pas, J’attends toujours de ses nouvelles, Et qu'elle revienne un peu vers moi.
J'attends toujours de ses nouvelles, Même si ça me glace, parfois, Rien qu'une impensable nouvelle Pour savoir si j'existe ou pas. October 18 Être soiÊtre
soi
Être une étoile dans le ciel, Se conduire comme un rebelle, Être un enfant sans amour, Être sa mère mais plus forte qu'elle.
Être une aventure intime, Être l'âme d'un grand film, Être le temps de tous les jours, Être tempête, être pluie fine.
Être un dirigeant d'État, Ni philosophe, ni maladroit, Être la peur des alentours, Être les pleurs qu’on n’oublie pas.
Être un capitaine de voyage, Être un amant, être volage, Être le cœur et ses labours, Être la terre, être son âge...
Toutes ces choses, tous ces rêves, Auxquels on accède ou pas, Toutes ces guerres, toutes ces trêves, Qui, finalement, ne changent pas. Être ce que l'on peut ou pas, Ces émotions qui nous révèlent, Être une réponse à cet appel, Qui nous implore de rester soi, Être soi... Bienvenue au château Bienvenue au château
L’immense allée qui mène au château, garnie de roses et de jonquilles aux divines senteurs, vient, à l’instant, de se faire rafraîchir par un des jardiniers qui s’applique quotidiennement à effacer toute trace de pas, de sillons creusés par les pneus des Rolls et autres Cadillac. Sorte de vestige laissé par les nombreux conviés, issus d’une certaine aristocratie dont la principale activité n’est autre que de s’amasser, tous les soirs, sans aucune exception, dans le but de s’adonner à diverses beuveries, festivités et orgies en tous genres. Dans le vestibule, démesurément grand, pouvant accueillir à lui seul une famille avec cinq enfants au moins, d’autres domestiques, vêtus de complets dont le prix ferait fuir une dizaine d’ouvriers réunis, exécutent leur tâche, nettoyant à grand renfort de produits ménagers, les débâcles désorganisées et irrespectueuses de ces invités pour qui le nombrilisme prime sur les bonnes manières. Quelques-uns de ces valets se permettent de grommeler, en silence, sachant que, pas plus tard que demain matin, il faudra, de nouveau, mettre la main à la pâte car le maître des lieux est strict sur ce point-là : il agencera des réjouissances, tous les soirs, et ce, jusqu’à sa propre mort. Certains disent qu’il n’est qu’un « richard » de plus, n’ayant que faire de son argent, immérité pour le cas, tout lui étant venu en héritage, lui ôtant toute possibilité de connaître un jour la sensation de travailler ou, seulement, le simple besoin de désirer quelque chose, véritable désespoir de la richesse matérielle à outrance que de priver un homme de toute envie, de toute nécessité, ne s’accordant ainsi, aucune légitimité quant à la noblesse de ses actes. Il est, à peine, 15 heures lorsque le maître de maison daigne enfin se lever, ressemblant davantage à l’un de ces poivrots qui traînent au petit café, à coté de la Poste, qu’à un illustre châtelain. Son haleine empeste tellement l’alcool que l’on pourrait se griser rien qu’en discutant avec lui. Il est entièrement nu, non pas qu’il aime dormir dans le plus simple appareil mais surtout qu’il ne se rappelle, en principe, jamais être allé se coucher. Plus tard, dans le courant de l’après-midi, ses serviteurs lui raconteront comment ils ont été obligés de le prendre en charge jusqu’à son lit, tellement son état était pathétique, de quoi faire naître de la pitié à un toréador, face à un taureau, s’apprêtant à porter l’estocade finale à la pauvre et innocente bête. Le séjour dans la salle de bain tient davantage d’un exercice de cirque que d’une toilette ordinaire, à proprement parler. On y entend des éclats de rires, des marmonnements, en passant par des cris de colère et toutes sortes de râles si bizarres et incohérents que même un linguiste, fort doué, ne saurait en déchiffrer la trame. Le passage à la baignoire est tout aussi loufoque, l’homme trébuchant par trois fois, au moins, avant d’en enjamber le bord, ce qui retarde avec intolérance, son voyage au sein des océans à l’eau si pure pourtant, sortie tout droit du robinet. Une des grandes qualités de l’eau, chaude, de surcroît, est d’annihiler, en peu de temps, toute velléité abjecte et de rendre un semblant de dignité à un homme. De son côté, la maîtresse de maison, en mal de sommeil, a déserté les alentours du château, très tôt. Enfin, très tôt pour des gens de cette espèce qui n’ont même pas conscience qu’à midi, car il était midi, la plupart des gens ordinaires ont déjà tombé la moitié de leur journée de travail. La béotienne, n’ayant pas trouvé de quoi se vêtir parmi les quelque cinq cents tenues différentes de sa garde-robe, a donc décidé de se rendre en ville afin d’afficher des sourires intéressés et hypocrites sur les visages des tenanciers de boutiques de luxe, où l’on paye une robe presque autant qu’une petite voiture d’ouvrier. Apres avoir écumé tous les magasins, qui auraient pu fermer dans l’immédiat, étant donné que le chiffre d’affaire du mois était dépassé en moins de deux heures, elle se remet en route vers le château sans omettre, bien évidemment, de faire une halte au petit bois pour donner libre cours à son imagination quant aux jeux sexuels qu’elle impose à son chauffeur. Les premiers invités arrivent, peu avant la tombée de la nuit, échangeant avec leurs hôtes d’affligeantes banalités, toutes plus ridicules que celles prononcées en amont. Les domestiques sont alignés dans l’entrée, stoïques, méprisant, in-extenso, ce style de vie et de personnes mais en prenant bien soin de ne pas l’afficher. On attend encore quelques ducs et barons, tenants du titre par dynastie mais n’en saisissant sûrement pas la définition exacte, que, déjà, la plupart des convives est réunie dans l’immense salle à manger, chacun, un, voire plusieurs verres à la main, s’abreuvant de discussions consternantes qui n’auraient même pas le mérite d’attiser la curiosité auditive d’un enfant de trois ans. Il est pratiquement minuit, la fête bat son plein dans l’incommensurable château. On boit, on fume, on s’embrasse, on se caresse, la maîtresse de maison disparaît régulièrement, chaque fois avec un homme différent, ou une femme, ou les deux, cela dépend de ses humeurs. Son époux, qui ne lui prête absolument aucune attention car la bougresse est fort jolie, certes, mais n’a pas la chance de ressembler à un billet de banque, s’est positionné en conquérant à côté du bar où coulent les plus prestigieux alcools, distribuant coupes et cocktails, un peu comme si le fait de faire quelque chose d’utile relevait de l’innovation. Cela durera toute la nuit. De si extravagants repas que les restes à eux seuls nourriraient un immeuble H.L.M., des boissons qui ont pour seule qualité d’abrutir un peu plus celui qui les consomme, drogues et médicaments illicites sont aussi de la partie et, comme toujours, cela se terminera en une gigantesque orgie, brassant tous les genres, où la maîtresse de céans, déjà de nombreuses fois comblée durant la soirée, se permettra de minauder, refusant qu’untel ou un autre pose ses mains sur elle. Le soleil pointe déjà à l’horizon quand les invités prennent le chemin du départ, tous ensemble, en même temps, comme un troupeau de moutons sillonnant les pâturages, guidé par quelques chiens de berger. Aucun de ces conviés ne semble prêter attention aux lourdes chaînes qui condamnent tous les accès au château, ni même au grand panneau, mis en place il y a dix-huit mois par un promoteur immobilier de la région, où l’on peut lire l’inscription suivante : « À Vendre cause décès. » La pluieLa
pluie Point besoin de caresse, de désirs enivrants, Nulle envie de tendresse, éruption de volcan, Ces mots que l’on s’adresse, d’amoureuse en amant, Ces amours qui ne cessent, en deviennent accablants.
Pas féru de promesse, pas même en faire un chant, Vos joies, vos allégresses ne me vont qu’un instant, De ces traces qu’on laisse, je reste méprisant, Une fanfare en liesse, rien de bien amusant.
Prenez-moi en ami et abandonnez-moi, Ignorez les sursis, et puis, condamnez-moi, Ne compatissez pas à ce que je peux être, Pour m’enfuir, il y aura, toujours une fenêtre.
La raison ou les torts ne sont pas définis, Les chevaux par les mors, si ça vous fait envie, Crépuscule et aurore, tout ce qui se finit, Je ne trouve confort qu’en restant sous la pluie.
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